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Critiques littéraires de livres lus.
DERDOUR AHMED


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Dans cette rubrique que je vous propose, que ceux qui ont bien lu des livres de nos Safraouis ou autres nous donnes leurs impressions, leurs critiques.
Cela permettra à l'auteur d'avoir une idée sincère d'un ou de plusieurs lecteurs. 
Merci de votre concours!


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Critiques littéraires de livres lus.
DERDOUR AHMED


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Inscrit le: 28 Aoû 2009
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Ecrits du Cœur de la poétesse Nidhal Chami. 
 A la couverture, on est attiré :       -Par ces larmes qui la sillonnent,                                                              -Par ce titre double « Ecrits du cœur » et « Cri du cœur ».     
                                                             -Par cette préface :  Une leçon de maître d’un père poète qui, parti a bien laissé un rameau poétique dont les bourgeons de vers s’ouvrent pour nous conduire dans le présent, nous catapulter dans le passé, nous préparer au futur.
     Nidhal à l’écoute de son professeur, suit et applique en bonne élève les définitions de la poésie  jamais définie ainsi :-«    Entrevoir l’irréel, pénétrer le beau, se tremper dans le vrai, côtoyer le sublime, s’arrêter au divin. C’est tout cela la poésie et     c’est encore  bien plus… »
    Dès le début, elle nous fait part du contenu de son recueil : Des Ecrits  et Des Cris de cœur.
Des écrits  mettant en valeur la grandeur et la bonté de ses parents
Mon père, mon honneur, ma fierté                                                                                                                             L’amour ultime qui m’a abritée-
Parlant de sa mère Je l’aime avec piété   Et l’évoque avec fierté 
De sa grand’mère Je la revois son chapelet à la main   Son visage si beau et si humain
De ses enfants  dans 190 une énigme (15ans ?), elle éduque son enfant, le préparant à lavie.                                                                                                                                                                                                   
Nidhal nous dévoile son amour pour sa foi, sa patrie, sa famille, ses amies.
Elle chante la femme, les Moudjahidine, Tiguendourine, l’Iraq, la Palestine, l’Afrique déclinant ainsi son affiliation. Elle nous fait revivre l’exploit des Verts dans de beaux vers
 Des cris : -pour réveiller les consciences dans  ‘’Accusées levez-vous !’’
L’islam n’est pas un leurre    Femmes n’ayez pas peur
Dans’’ la liberté d’offenser’’, elle répond défendant le prophète : Fais donc un tour à Médine  Abreuve-toi de savoir   Ecoute les prières divines  Ouvre les yeux pour mieux voir   Sidna Mohammed, la lumière
Le dialogue des auxiliaires attire l’attention : que choisir : être soi ou avoir pour soi ?
Ce recueil de 112 pages compartimenté en deux parties : De l’Etre avec 12 poèmes, De l’autre avec 21, nous fait revivre des moments de peine et de joie, mais qui nous poussent toujours de l’avant vers la fierté, la bonté, l’union.
Le lecteur sentira  dans ces poèmes ses propres cris  et c’est ainsi qu’il a voulu ses écrits. Un recueil qui m’a vraiment plu et que je vous invite à lire.
                                                                                                      Derdour Ahmed


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Nidhal


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Inscrit le: 28 Déc 2013
Messages: 39
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Salam à toutes et à tous, 

 

 
J’ai été très agréablement surprise par la création de cette rubrique dont le premier commentaire porte sur mon modeste recueil de poèmes. Je voudrais vous remercier Mr Derdour,  pour avoir non seulement  lu les écrits mais aussi entendu et ressenti les cris du cœur d’une fille de poète qui a voulu avant tout exprimer  son profond amour et sa gratitude à son père  en le lui dédiant. C’est lui, grâce à lui et pour lui que j’écris. C’est son image qui me suit, me couvre, me protège, m’inspire et me guide. C’est sa voix qui résonne toujours en moi, dans les tréfonds de mon âme….qui me parle, me berce, m’appelle, m’accompagne….toujours….tout le temps…je l’entends déclamer majestueusement ses poèmes, ceux de Lamartine et de cheikh Benyagoub qu’il admirait tout particulièrement. Je le revois évoquer, le geste à l’appui,  les plus belles anecdotes d’ Ain-Sefra avec nostalgie, amour et passion.  C’est grâce au tableau merveilleux, presque mythique, qu’il peignait de celle-ci, de ses habitants, de son Histoire,  que j’ai aimé cette ville et que j’y suis attachée alors que je ne l’ai jamais habitée. « Mon père, mon honneur, ma fierté  L’amour ultime qui m’a abritée ». Oui, c’est ce père qui a semé en moi la sensibilité et le respect des mots, qui m’en a fait découvrir le pouvoir et averti du danger.  J’aimerais pouvoir lui être fidèle, suivre ses pas et surtout honorer sa mémoire. Rahimah Allah. Si j’ai failli quelque part, c’est que  je n’ai pas su ou peut être pas bien compris… mais je n’ai jamais voulu écrire ce qu’il n’aurait pas aimé lire. Si j’ai parfois utilisé des mots forts ou  violents  (cela dépend du degré d’émotivité ou de réceptivité des uns et des autres), il faut comprendre que c’est le cri du cœur !!! le cri de l’indignation, de la révolte et j’en porte les gènes. Néanmoins et Dieu merci, nous sommes encore capables dans un monde de plus en plus enlaidi par la folie des hommes, d’entrevoir le beau, de  le recréer et  de le transmettre.  

 
Encore une fois, merci Mr Derdour et merci Kelloussa, d’avoir consacré du temps et des espaces pour mes écrits. Merci aussi à tous ceux qui voudront contribuer à la critique de cet ouvrage. 

 
Bonne journée . 


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HUMANISTE


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Inscrit le: 12 Mai 2009
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< Passage obligatoire > un beau livre auquel on accroche très vite, j'ai beaucoup aimé le côté réaliste du récit
où l'auteur Mr : DERDOUR nous relate des destins incroyables et bouleversants de ses personnages ( des jeunes
garçons et filles ) qui pour certains, le lycée est un parfait terrain d'entraînement pour leur vie future.
Tout au long des histoires, je me posais des questions:( pourquoi telle personne citée était influençable ? Avait-elle
reçu l'éducation qu'il fallait pour ne pas se retrouver dans la gueule du loup ? Serait-elle son ignorance ou celle de
ses parents qui ont fait d'elle une proie facile ?
Le texte est parsemé de fragments de vie où tout y est ( l'angoisse, l'amour, la passion, le déchirement, la trahison,
la naïveté, le bonheur, certaines croyances, traditions etc etc... ) C'est un livre à lire absolument car le style est fluide ,
toutes les histoires sont prenantes et les personnages intéressants, il nous apporte un éclairage et nous enchante avec
quelques poèmes très originaux... J'espère qu'il y'aura une suite et que d'autres thèmes seront abordés !
En tout cas toutes mes félicitations et ma plus vive admiration pour ce que tu viens de produire ! Bonne fin d'après-midi!





_________________
LE REFUS DE L'IGNORANCE, LA VOLONTE DE SAVOIR, D'EXPLIQUER, SONT, JE CROIS
L'HONNEUR DE L'ESPRIT HUMAIN DANS TOUS LES DOMAINES < THEODORE MONOD >
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DERDOUR AHMED


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Inscrit le: 28 Aoû 2009
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  -1- 
Isabelle Eberhardt (1877- 1904) 
Pages d’Islam Textes réunis par Victor Barrucaud 1932 
Edité par Bourlapapey Bibliothèque Numérique Normande WWW.obooks-bnr-com 
Livre de 220 pages regroupant  11 grands titres :  
I’ OBSCURITE – Femmes- Nomades- Fellah- En marge- Au village-Dans la région-Frères de rencontre-Partir-Divagations- Fragments et variantes. Chacun renferme une ou plusieurs nouvelles  soit un total de 38 histoires. 
   Dès le début en présentant El Hadj Zoubir Ettazi de Taza Maroc,  Isabelle parle de sciences musulmanes et de sorcellerie ‘’art qui se conserve depuis des siècles dans l’isolement farouche et l’obscurité marocaine’’* 
    Par cette précision, elle invite le lecteur à ne pas confondre les deux sciences.  
A – La plus vieille. Les sorciers  prétendent connaître l’avenir et le passé de leurs clients. Bien qu’ils reconnaissent  que ‘’la vie et la mort sont entre les mains de Dieu’’*,   chacun soutient’’ qu’il est celui qui blesse et guérit ; celui qui réveille et qui endort’’*certains fidèles leur reconnaissent des pouvoirs surnaturels et leur propagent des vertus que le hasard fit concorder avec la réalité.                
    Isabelle cite des exemples d’El Hadj Zoubir  de Taza, El hadj Abdelhadi d’Oujda   et leur compatriote Si Abdeslam qui de voyant passa au violeur (Affaire avec la juive Rakhil) Les sorciers utilisent tout, même une partie d’un mort comme le cas de la sorcière El Ghoula de Souf qui déterra une main après avoir profané la tombe. 
B Les sciences musulmanes. Elles puisent dans le coran et la vie du Prophète que le Salut d’Allah soit sur lui leur source. Elles interdisent et condamnent sévèrement la sorcellerie. A l’opposé des premières, elles éclairent les esprits et réveillent les consciences. L’érudit soutient que la vie et la mort, la connaissance du passé et celle de l’avenir sont entre les mains d’Allah.  
Isabelle Eberhardt nous révèle que le Meddah a sa place dans la société. Il est reconnu comme intellectuel car   les histoires qu’il conte lui ont demandé bien des déplacements  au Maghreb et en Orient. Octroyant au sultan des Saints  Abdelkader El Djilani de Baghdad (pourtant bien mort) des pouvoirs surnaturels, El Hadj Abdelkader El Meddah arrive par ses histoires merveilleuses à se faire remarquer par des femmes lors de la ziara. Certaines parviennent à le voir en pleine nuit... 
     Lorsque les cœurs  sont frustrés, séparés par des décisions injustes ou par profit, les amoureux perdent tout goût à la vie  et errent sans but (tels le Taleb Si Abderrahmane  
-2- 
savant, professant le coran et la Loi à la mosquée qui tomba amoureux d’une jeune femme promise à un khammès... Et mère Kheira  la Dérouicha qui connut les rapports illicites s’est vu mariée contre son gré à un khammès ayant déjà deux femmes, dût quitter les méchancetés du foyer conjugal  après la mort de son mari, pour vaguer partout. 
     Même si les pauvres aiment écouter les histoires invraisemblables, ils mettent à l’honneur les hommes énergiques, pieux, francs. Ils les élèvent au rang de marabout pour les services rendus à l’exemple de Sidi Bouchakour qui s’opposa à la haine du caïd, le représentant de l’occupation française. D’autres tel  le respecté, Hadj Hammouda imam, vivant bien seul dans une étroite boutique reprend son calame et continue sa copie du coran durant les moments libres, après les prières qu’il commandait à la mosquée. Tous deux  préfèrent vivre dans la simplicité, dans la pudeur et dans l’honneur. 
     Dans les Femmes : Des aventures amoureuses  qui finissent toujours par une séparation douloureuse. Chacun suivra sa destinée : vivant en ermite, mettant volontairement fin à sa vie, se noyant dans le vice. 
     Dans Criminel, Isabelle révèle l’injustice qu’ont subie les  Oulad Bou-Naga  à qui au nom de la loi ont été démunis de leurs terres nourricières pour quelques sous insignifiants mais, malgré les réclamations, ils n’ont jamais obtenu gain de cause. Révoltés, ils incendient les récoltes du colon devenu  seigneur et les  Oulad Bou-Naga  valets sur leurs terres. Les mots d’Isabelle : « Le crime dit-elle est souvent, surtout chez les humiliés, un dernier geste de liberté. » révèlent l’éveil de conscience d’un peuple qui refuse la colonisation. 
   Dans Hausser, Isabelle , dans des histoires de déserteur et de prisonniers militaires et civils arabes crie à l’injustice :-«  Et tous ces hommes que, civils comme militaires, aucune juridiction régulière n’a jugés, qui sont livrés au bon plaisir de chefs hiérarchiques et d’administrateurs qui les condamnent sans appel, en dehors de toutes les formes élaborées par les codes, s’en vont, mornes, l’œil sombre, le visage poussiéreux et ruisselant de sueur vers les géhennes obscures du sud, où leurs souffrances sont sans témoins, et leurs plaintes sans écho. »* 
    La suite des nouvelles est consacré à l’injustice à l’égard des indigènes qui, dépossédés, vivaient et mouraient dans la misère. Ayant perdu la terre, ils la travaillaient aux profits des colons qui les considèrent comme ennemis et les traitent en pouilleux le doigt sur la gâchette. Toute perte incombe aux innocents gens du pays et le vol de l’oie (cité en exemple) pèse lourd sur eux et la presse, elle-même s’en mêle. Etouffé démuni de tout, ne restait au paysan qu’un regard attristé mais bien expressif. 
« «  Dans ce regard, il y a le désespoir affreux de la bête prise au piège, et la haine instinctive du paysan à qui on a pris sa terre et la tristesse de l’exilé… » »* 
-3- 
 Les colons venus de toutes les nationalités ayant loupé leur avenir en Europe ont été acheminés en Algérie tenter leur chance. Ils avaient tous les droits sur  la race soumise, considérée bien inférieure aux leurs. 
     Mais entre Français de bonne souche  et Algérien pourrait naître une vraie amitié que Lombard et Bou Saïd ont élargie pour atteindre leurs familles. Et la connaissance de la religion de la terre d’accueil entra au cœur de Roberto Fraugi  m’tourni Mohammed Kasdallah. Il a changé de veste, il a trouvé dans l’Islam la justice et la paix de l’âme et chez les Musulmans, la bonté, la fidélité et la fraternité humaine.  
   Après bien des essais pour s’accaparer du bonheur qui toujours  lui fuit Isabelle croit l’avoir trouver dans le vagabondage. Et ce droit à l’errance qui pour le vagabond est un besoin d’oubli et de repos, lui a rendu la liberté, la joie de vivre et de mourir dans la simplicité et la tranquillité. 
     Les dernières nouvelles  ‘’Fragments et Variantes’’ représentent quelques  fragments de la vie d’Isabelle : une éducation manquée où l’enfant ne cesse de demander au père de le reconnaître officiellement mais ayant vu que ce droit légitime lui a été refusé, alors la vie ne valait plus la peine d’être vécue. A son histoire personnelle, elle ajouta quelques variantes en empruntant des noms et des scènes qu’elle avait vues ou même vécues.  
   Dans l’histoire d’EL Moungar,  elle aiguise la curiosité du lecteur  et le prépare à la suivre dans un nouvel épisode dans le Sud-ouest algérien.  
      Ces textes ont été  réunis par Victor Barrucaud dans un recueil qu’il a intitulé «Pages d’Islam ». Cependant les scènes qu’elles renferment sont le vécu et le produit de toute l’humanité. Tous les peuples commettent des fautes et de bonnes actions, des déclins et des exploits. Les relations « hommes et femmes » infidélité, déshonneur, suicide, vices, vengeance, amitié sont partout les mêmes donc  ces pages sont totalement étrangères à l’Islam et le titre a été peut être choisi seulement pour attirer plus de lecteurs. 
Mes remerciements aux Editions Bourlapapey qui m’ont permis la lecture gratuite de ce livre. 
  
Ahmed Derdour 28/05/2015 
  


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Livre Le Destin d'Isabelle en Algérie
DERDOUR AHMED


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Livre  « Le Destin d’Isabelle Eberhardt en Algérie » de Benamara Khélifa. 
La plume n’a point cessé de noircir les pages depuis sa naissance. Sa vie et son périple en Afrique du Nord  constituent  le filon de l’écrit qu’exploitent à coups de plume   des écrivains du monde, depuis l’instant où elle a vu le jour.  Cent- trente-huit  ans (depuis sa naissance à  ce jour) d’intérêt continu porté à Isabelle Eberhardt,  source intarissable d’inspiration, sont rapportés  par l’écrivain Bénamara Khélifa  dans son livre : « Le Destin d’Isabelle Eberhardt en Algérie » La biographie de cette femme, bien différente des autres femmes de son époque est faite après de longues recherches  d’une manière si attrayante. L’auteur conduit  le lecteur à déchiffrer l’énigme en lui donnant des éclaircissements, lui faisant disparaître le doute où l’ont plongé  les différents écrits notamment sur la naissance  d’Isabelle, sur sa vie littéraire et privée et lui défriche le terrain lui permettant ainsi de mieux comprendre, de mieux analyser les différents dires et d’en tirer une conclusion plus sereine. 
    Pour celui poussé par la curiosité de savoir pourquoi le monde littéraire lui porte une si grande attention toujours croissante, il trouvera dans ce livre une réponse satisfaisante. Cette jeune femme, telle une vision qui refuse de s’éteindre et  que les écrivains  s’obstinent à garder sa lueur toujours brillante poursuit l’auteur depuis son plus jeune âge ; « Je ne sais si c’était l’effet de mon imagination ou si j’ai vraiment vu le fantôme d’Isabelle... », dit-il ! 
     Le livre paru dans les Editions DALIMEN Alger 2013, 256 pages, comporte trois parties : 
     -La première la plus courte (L’auteur n’a pas voulu s’étaler  pensant peut-être  que l’individu n’est pas responsable de sa naissance. N’ayant pas choisi ses parents, il ne peut assumer leur responsabilité.) Dans seulement dix-huit pages, il apporte des éclaircissements sur sa naissance, sa vie en Europe, son voyage, son entrée dans l’islam, la mort de sa mère et les difficultés rencontrées, tout en citant des dires de plusieurs écrivains qui s’y sont intéressés. La réponse d’Isabelle à ceux qui prêchent l’illégitimité, ne se fait pas attendre. 
     -La seconde comporte 106 pages Croyant avoir trouvé la paix de l’âme, elle s’installa en Tunisie auprès de ses amis. Mais déçue, elle retourna en Algérie, dans le sud algérien : terre promise. Après avoir rencontré sa deuxième moitié à El-Oued, elle décida d’y faire son nid. Gardant en esprit l’héritage légué par ses parents et dont la procédure  de partage fut entamée par un fondé de pouvoir, elle se déplaça en Europe, dans l’espoir de recevoir  sa part. Bredouille, elle retourna auprès de son mari, divorçant avec tout ce qui est européen. Malgré le manque d’argent, elle continua son aide aux plus démunis. Elle investit ses efforts et son savoir-faire au soulagement des peines  de ses frères du Sud. Elle constata que ses agissements concordaient avec les enseignements du Grand Maître d’ElQadiria. Voulant en connaître plus, sentant la nécessité de s’élever encore plus, elle en devint adepte. Aidée par son mari, ne voulant rester sur la ‘’circonférence de la foi’’, elle prit ce ‘’rayon ‘’ qui la mena à connaître beaucoup plus le fond. Elle reçut le chapelet de la confrérie. Elle associa lors de ses vœux Allah et Si Abdelkader Djilani croyant que ce dernier  était pour quelque chose dans leur réalisation. 
L’auteur  éclaircit bien des choses que le lecteur trouvait obscures dans d’autres écrits : 
-l’ordre religieux des Tidjanya et l’exil volontaire de Si Et Tidjani à Fez lors du siège de Aïn-Madi par les Turcs 
- L’adhésion  à l’ordre religieux d’El Qadiria et ses différents degrés de dignité. 
- L organisation de la fuite  d’AEK Ben Taleb  
-Tentative de meurtre. 
-Conspiration d’expulsion. 
-Bataille pour faire reconnaître officiellement par écrit son mariage. 
- Sa force de caractère et sa ténacité à faire du bien, à soutenir les opprimés et à dévoiler l’injustice malgré sa faiblesse, sa souffrance et sa misère... 
         -Dans la dernière partie, la plus longue, cent-trente-deux pages, l’auteur Bénamara Khélifa nous révèle une  Isabelle ‘’ toujours égale à elle-même’’, bien décidée à poursuivre le combat. Ne comptant plus sur sa part de l’héritage, elle se contente de la maigre solde de son mari, heureuse d’avoir réussi à faire reconnaître son mariage par les autorités et d’être  définitivement installée dans ce qu’elle appelle dans ses écrits ‘’Notre pays, mon grand désert.’’ Elle convainquit son mari aux études. Elle s’appliqua à lui enseigner les matières  lui permettant de s’élever dans la hiérarchie administrative. Les difficultés rencontrées dans sa nouvelle famille n’ont pu freiner ses élans pour mener une meilleure vie digne d’un humain. Elle ne recula devant rien pour dénoncer les exactions militaires en Algérie et dévoiler le vrai visage des nouveaux intrus venus non pas pour civiliser une population mais pour l’asservir. Les années de disette qui l’avaient accompagnée partout, allaient lui fausser compagnie lorsque celle-ci lia connaissance avec  le milieu intellectuel. Recrutée comme reporter de guerre dans le Sud-oranais où l’armée coloniale a rencontré une opposition farouche qui lui a coûté  plusieurs blessés et la perte de plusieurs hommes. 
             Bénamara Khélifa conduit le lecteur à découvrir Isabelle dans les différents villages et bourgs d’Aïn-Séfra  à Kénadza et même jusqu’à sa dernière demeure. 
        Cet ouvrage  contenant à lui seul,  ce que renferment d’autres livres  qui se sont penchés sur le même sujet mérite d’être lu et recommandé aux épris d’Isabelle Eberhardt.         Le long de la biographie, Bénamara Khélifa marie ses écrits à ceux d’Isabelle  pour n’en faire qu’un. Difficile de faire la différence, tellement la synchronisation est parfaite ; seule l’écriture en gras de l’auteure discerne les écritures.   
Célibataire, sûre qu’Allah absout les péchés, elle enseigna par ses écrits l’entraide  entre les humains, la pureté et l’amour que doit porter un Musulman. Mariée, elle ajouta à ses enseignements la fidélité conjugale.  
      L’auteur Bénamara Khélifa en fin de récit, soumet la question d’espionnage au jugement du  lecteur. Il le met en contact direct avec  les différentes opinions de l’accusation et de la défense. Se basant sur la belle plaidoirie de l’auteur M Rochd, l’avocat d’Isabelle Eberhardt, il la disculpera sans aucun doute, des attaques dirigées contre elle. 
      Le livre est conçu d’une façon habile permettant au lecteur de suivre pas à pas Isabelle dans tous ses déplacements, de s’extasier devant la beauté du Sud tout en souffrant avec elle durant les moments difficiles de pauvreté, de misère, de persécution qui n’ont pu lui faire changer d’avis. Ni la médisance, ni l’inculpation gratuite, ni la faiblesse, ni l’expulsion hors de la patrie qui lui a ouvert les bras et l’a profondément aimée, n’ont pu lui faire plier les bras ni  lui faire  changer de foi et de pays.  
« ‘’LE DESTIN D’ISABELLE EBERHARDT EN ALGERIE’’ est un ouvrage de grande qualité que j’ai beaucoup aimé. Je vous le suggère.  Lisez-le, vous ne serez pas déçus ! » 
Ahmed Derdour Aïn-Séfra 06-11-2015 
  
  
  


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