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Ain Sefra
Forum de tous les safraoua
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AIN SEFRA
Lidfi


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Inscrit le: 07 Fév 2015
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Bonjour,j'ai écrit ces quelques vers ,en 2001,par amour pour AIN SEFRA.Aujourd'hui,AIN SEFRA se bat pour retrouver son droit spolié,je les ressors pour ELLE.Bonne appréciation.
                                                                                           AIN SEFRA
                                                                          Entre Aissa et le Mekter,
                                                                          Comme implantée dans les mains,
                                                                           D'un prieur,genoux à terre,
                                                                           Implorant DIEU  et les saints.
                                                                           Séfra ,de sa longue prière,
                                                                            Ne reçoit que paix ,douceur,
                                                                           Des jardins aux aspects verts,
                                                                           Et un air tout en splendeur.
                                                                            Séfra,de sa longue prière
                                                                            Ne reçoit que paix,douceur,
                                                                            Et de nombreux héros fiers,
                                                                            Du combat pour le bonheur.
                                                                            Séfra,de sa longue prière,
                                                                             Ne reçoit que paix ,douceur,
                                                                            Des journées toutes en lumière,
                                                                            Extase pour ses visiteurs.
                                                                            Des hauteurs de Bendouma,
                                                                            Elle te dévoile ses trésors,
                                                                            Sidi Boutkhil et Dzira,
                                                                            Et ses dunes embellies d'or.
                                                                                              S.L.2001


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AIN SEFRA
HUMANISTE


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Inscrit le: 12 Mai 2009
Messages: 1 728
Localisation: DOUCE FRANCE
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Bonsoir Monsieur ;
Je vous remercie pour ce joli poème et j'en attends d'autres sur nos Ksours ,
ces pépites d'or qui font le charme de toute Séfra . Passez une agréable soirée.



_________________
LE REFUS DE L'IGNORANCE, LA VOLONTE DE SAVOIR, D'EXPLIQUER, SONT, JE CROIS
L'HONNEUR DE L'ESPRIT HUMAIN DANS TOUS LES DOMAINES < THEODORE MONOD >
AIN SEFRA
DERDOUR AHMED


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Messages: 490
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C'est très bien ! Bravo Lidfi!


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AIN SEFRA
DERDOUR AHMED


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Inscrit le: 28 Aoû 2009
Messages: 490
Localisation: Ain Séfra
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-1- 
Le camp de torture  de Dzira  Ain-Séfra.
Plusieurs écrivains français et algériens ont raconté la révolution algérienne vécue par Ain-Séfra, (Djébels en feu de Georges Fleury...) Ceux d’Ain-Sefra l’ont fait également, tels l’écrivain et historien Bénamara Khélifa, les écrivains et poètes Brizini Mouhieddine, Ahmed Benchérif et  Safia Kettou et les écrivains Bellaredj Boudaoud, Boutkhil Baghdadi... 
Deux points doivent être  traités hâtivement : 
1 Ain-Sefra durant la Révolution. 
2 Le Ksar d’Ain-Séfra  Ksar Sidi Boutkhil 
Pour arriver au camp de torture Dzira 
I la ville d’Ain-Séfra durant la révolution, était formée de 4 quartiers bien distincts : 
a)      Le Ksar (l’embryon) d’environs une centaine de maisons fut créé vers 1580. Ses 800 habitants (environs) étaient cultivateurs et possédaient les terres agricoles sur les deux rives de l’Oued Bridj. Seuls quelques uns étaient de petits commerçants  d’autres deux ou trois avaient des cafés maures en ville. 
b)      Le village européen  créé en 1882 était occupé par  les Français. Certains avaient les  postes clés de l’administration, des transports (gare), d’autres possédaient les bars, les hôtels et les restaurants : le grand commerce revenait aux Juifs. Quelques notables musulmans une dizaine avaient leurs maisons (Baghdadi, Chami, Alla, Zaïd, Mérine, Limam, Faradji, Kassou, Aït Salem, Benkacimi, Gordo, Boukhari...) 
c)       Moulay El Hachemi  les racistes Français l’appelaient :’’ village nègre ‘’ pour faire la distinction entre les Safraoui musulmans. les  Oulad Sidi Bilal très démunis étaient journaliers. Les plus chanceux  étaient manœuvres à la gare ou dans les Ponts et Chaussées. (Hamadou, Didi, Rahmani, Chenguiti, Guirzim, Barnaoui,...) 
   Le quartier Boumrefeg, Mzi actuellement, ne comportait que quelques maisons celles de Limam, Sadok, Lazreg, Mekkaoui, Bouaïcha. A partir de 1960, la population en exode expulsée de sa terre est venue l’agrandir. Certains expulsés ont trouvé asile au Ksar. 
  Ain Erchag  comportait un seul  foyer celui du moudjahid Bellaredj. 
La région d’Aïn-Séfra ne date pas d’hier ; elle fut de tout temps depuis des millions d’années , habitée : les gravures rupestres en font foi... 
La population musulmane (ne dépassant point les  2000 habitants)  noyée dans le nombre des colons et des soldats français était pratiquement minoritaire et sans défense. Près de 10 mille militaires occupaient la caserne, la plus grande dans l’Ouest algérien et  le même nombre était réparti dans les villages avoisinants (Sfissifa, Tiout, Asla, Moghrar, Djenien, Mékalis, Tirount, Dermel,  Moktaa Eddli, Chellala, Boussemghoun...) et le long de la ligne de la voie ferrée, dans des postes militaires érigés tous les 10 kms environ. En consolidant ses positions, la France pensait demeurer éternellement en Algérie (certains Algériens pensaient la même chose).  Mais il lui est arrivé exactement ce qui était arrivé aux Juifs de Médine rapporté dans le Saint Coran : -« Verset 2 Sourate El Hachr -C’est Lui qui a fait expulser les mécréants parmi les gens du Livre de leurs foyers, lors du premier exode. Vous ne  
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pensiez pas qu’ils sortiraient. Quant à eux, ils pensaient que leurs forteresses les protègeraient contre Allah. Mais Allah les a atteints là où ils ne s’y attendaient pas. Il a jeté l’effroi dans leurs cœurs. Ils se sont mis à démolir leurs maisons de leurs propres mains, les croyants y participent de leur côté. Tirez-en donc la leçon, vous qui êtes pourvus de raison ! » Et la démolition des immeubles débuta à partir de 1961 par les racistes  OAS, l’exode en 1962. 
II Le Ksar d’Ain-Séfra ou Ksar Sidi Boutkhil 
La vie dans le Ksar était identique à celle des autres Ksour sans faste, casanière, vertueuse, presque autonome avec ses trois ou quatre magasins, sa justice (Djemaa  qui réglait les différends), son bain, son forgeron, ses métiers à tisser, son Trésor (Zakat qui était distribuée aux habitants les plus démunis, son école coranique, ses sages femmes, ses médecins traditionnels,.... L’argent n’était pas son grand souci : les voisins s’échangeaient les produits agricoles, s’empruntaient les uns les autres... Ils étaient d’une même famille et par conséquent l’aide et le soutien étaient de coutume entre les Musulmans.  Ils entretenaient d’excellentes relations avec les badawiyine (nomades) ce qui a valu au Ksar la reconnaissance de l’Emir Abdelkader.                                                               
      L’idée de changement émane d’une personne  puis adoptée par une autre et puis par plusieurs, elle fait boule de neige, quitte son lieu de naissance pour être soutenue partout. 
L’idée politique existait bien, depuis les années 40, bien avant la révolution représentée dans les différents courants politiques 
L’association des Oulama El Mouslimine El Djazaïrine, elle aussi,  avait sa part sous la direction du taleb et enseignant Si Abderrahmane El Kendci. 
La force politique éparpillée dans différents partis MTLD PPA...datait donc, depuis les années 1940 Réunie sous la bannière du Front de Libération Nationale, elle n’en forma plus qu’un seul esprit dans un même corps. A la décision historique prise : soutenir la lutte armée, les adhérents à la cause lui ont  apporté tout le soutien et ont réuni toutes les conditions nécessaires à sa bonne réussite.                                                                  Aux  monts des Ksour, certains hommes, poursuivant l’œuvre de leurs ancêtres Mohammed ould Ali et Cheikh Bouamama, sous la conduite du grand Moudjahid Salhi Ahmed dit Laïdouni ou Si Ali  considéré comme le précurseur, durent explorer  les monts  (Mekter, Bni Smir, Mir Ladjbal...) à la recherche de caches. Les premières opérations étaient donc d’alimenter les grottes secrètes  en armes, en produits alimentaires, vestimentaires, pharmaceutiques...Durant les combats, la quête en espèce, denrées... se poursuivit régulièrement, le FLN chargea des responsables Moussebiline pour ramasser les fonds. Il accorda une allocation aux familles sans ressources dont les responsables étaient en prison, tués ou dans le maquis. 
Il faut reconnaître que les femmes des ksour et celles des khième ont collaboré étroitement à la réussite de la révolution. Elles ont participé à la victoire. Il faut signaler malheureusement que très nombreuses sont celles qui n’ont pas bénéficié des avantages au même titre que leurs frères maquisards ; elles n’ont pas fait leurs dossiers et leurs camarades de lutte ne leur ont pas suggéré ni ne les ont aidé à le faire pourtant elles ont été chargées  des mêmes missions en plus, elles confectionnaient gants, bonnets, chaussettes, passe-montagnes, cache-nez et préparaient des repas qu’elles envoyaient au maquis. Elles ont servi aux monts et ont fait de la prison. 
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Les enfants eux aussi avaient contribué à la révolution en donnant l’alerte chaque fois que des militaires arrivaient au Ksar. Ils approvisionnaient les recherchés, donnaient de faux renseignements. Certes ils ne prononçaient pas le mot révolution mais parlaient de Hogra, injustice, Kouffar...                       Mêmes les bêtes : les ânes, les mulets, les chevaux avaient participé ; même les poules avec leurs œufs. L’âne Dabara, toujours en tête, était si rodé qu’il se cachait sous le flanc d’une dune, d’une montagne, d’un arbre dès qu’il entendit le vrombissement d’un avion et le reste des animaux le suivit ; la mule de Kada Belaïd allait seule au djebel Morghad puis revenait déchargée. Ce ne sont pas des histoires mais de la pure vérité, cependant il fallait voir pour y croire et les exemples  sont bien nombreux. 
Les services français de sécurité découvrirent ce qui se tramait au Ksar. Aussi l’armée d’occupation décida d’installer une troupe de harki et un peloton de  muletiers dans le ksar même. Elle construisit de nombreux postes d’observations autour de la ville et principalement tout autour du Ksar car elle avait su que de là, les Moudjahidine se ravitaillaient et de là les hommes rejoignaient le maquis. Le départ vers les monts avoisinants Mekter, Mir Ladjbal se faisait principalement par la voie la plus sûre : celle de Dzira. L’armée française pensait, donc, qu’en construisant un poste  à cet endroit stratégique, elle allait freiner le ravitaillement. La ligne Morice ayant pris son départ de Béchar arrivait à Ain-Séfra, en 1958.Elle passait au Ksar pour aller rejoindre Dzira et de là  vers le Nord. Malgré, la séparation des monts  du Ksar ; ce dernier arrivait à communiquer avec les moudjahidine. Par deux fois, les bouches des canons furent pointées vers le ksar d’Aïn-Séfra pour le détruire. On préféra l’étrangler un peu plus, en ajoutant une ligne de fil barbelé obligeant le peu de cultivateurs  qui restaient (certains étaient tués, d’autres au maquis, d’autres emprisonnés, d’autres déplacés) d’aller à leurs terres par un seul passage sous surveillance militaire, situé près du pont. Malgré cela le Ksar refusait de se plier. Après cinq ans de guerre, d’atrocité, à partir de septembre 1959, contraint par la   force de frappe de l’ALN, la perte de l’ennemi en vie humaine, la détérioration de l’économie française, les voies engagées françaises et mondiales, le bouillonnement des Algériens en France et en Algérie, le discours officiel français changea de politique et parla d’Algérie algérienne. L’excitation des belligérants s’accentua : 
-Les moudjahidines multiplièrent leurs actions militaires les plus spectaculaires : la bataille de Mzi, Djébel Aïssa, Chmarikh... des attaques en plein centre de Ain-Séfra et Sfissifa, déraillements des trains, des assassinats de traitres  en plein jour, de nouvelles recrues et de nouveaux déserteurs militaires rejoignaient le maquis. 
III Le camp de torture Dzira  
– Le côté radical civil et militaire français qui tenait à garder l’Algérie française s’insurgea et s’acharna encore plus sur la population civile et transforma le poste d’observations de Dzira en un camp de torture. La devise  « « De Dunkerque à Tamanrasset une seule France. » fut banni par les déclarations du Général De Gaulle. La décision onusienne du 20 Juillet 1960 sous l’initiative de 25 pays afro-asiatiques permettant de débattre la question algérienne permit à la délégation du GPRA d’assister aux débats de la XVème session. Les commissions onusiennes chargées de contrôler les prisons en Algérie, poussèrent les autorités militaires locales à transformer le poste d’observations de Dzira en                                                                                                                                                                                camp de torture, secret, après avoir chassé les quelques habitants de Mcif, Mégatâ et de Dzira et brûlé les épis d’orge et de blé amoncelés sur le ‘’nader ‘’ prêts à être égrenées. Elle ouvrit une route  
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pour relier le camp aux casernes et des centaines de tombes furent profanées devant les  yeux de femmes et d’enfants impuissants. Le hideux camp satanique, sous la gestion du colonel Desèze (putschiste) reçut ses premiers clients un 19 août 1960. Le sergent chef Cadars ancien collaborateur de Vichy, intégré à la légion étrangère en 1945 et des tortionnaires venus spécialement de Saïda renforcés par des chiens policiers se régalaient des scènes abominables où le supplicié vidé de ses pleurs et de son sang agonisait l’index levé dans un enfer qui n’avait rien à envier des camps nazzis Dans ce triangle de la mort, de la haine, ne dépassant pas 1 ha, étaient concentrés plus de 400 détenus. Une Géhenne en plein air ! Dans ce four, où le jour le soleil brûlant grillait les  détenus et la nuit les puissants projecteurs les roussissaient, le meublaient,  seules deux baraques de 30m2  réservées aux militaires l’une en réfectoire et l’autre en dortoir et un puits asséché où le chahid Laroussi a bien vu des misères. Le blockhaus de forme triangulaire (question sécuritaire primait) dont l’extérieur était gardé par des chiens policiers, possédait trois miradors en dur. Sur leurs toits, des sentinelles équipées de mitrailleuses et de projecteurs aux lumières intenses, la nuit, l’un illuminait les dunes et le Djebel Mekter, l’autre l’oued et Aïn Esskhouna, le troisième la piste qui mène au camp, les maisons de Mcif, Mégatâ et du ksar et une partie du bois, l’autre partie  était surveillée par une autre tour implantait au-dessus de la résidence de l’administrateur, surveillait Aïn Erchag(l’autre voie vers Mekter, vers la liberté) et toute la partie Est .  En un mot tout ce qui l’entourait était très bien observé de jour comme de nuit.  
 Le but était : -D’apeurer la population de la région d’Ain-Séfra et l’obliger à vivre sous le joug colonial reniant ses valeurs On croyait que les familles des détenus allaient transmettre aux enfants restants la cruauté du camp pour les obliger à ne pas penser à se révolter, ni à soutenir les maquisards.  
-Faire payer cher à la population son soutien aux moudjahidine en employant les moyens les plus durs : le Ksar paya de lourdes amendes, plusieurs fois, ses habitants  furent contrains à vider leurs maisons sous la menace des armes pour permettre aux militaires français des perquisitions sans témoins, des affichages de torturés, de djounoud électrocutés, assassinés, des représailles, deux maisons celle de Hadri et celle de Bencherif furent dynamitées, détention massive, tortures pour arracher des aveux (gégène, coups de bâton, de poing, de câble, cigarettes incandescentes écrasées sur le corps, pendaison par les poignets, postures humiliantes, pour les femmes surtout, ongles arrachés, immersion, ... et des tortures pour avilir l’homme, le prisonnier se tenait nu devant le proche parent, les sadiques tortionnaires se permettaient de les jeter l’un sur l’autre ou les faire asseoir sur un goulot de bouteille cassée. Ils leur pissaient sur le visage, exécutions sommaires, insultes,...) Chikhaoui Hammou Ammi a perdu la raison. Le rescapé Méchraoui Mohammed atteste avoir vu mourir devant lui six Chahid : Sellami Mohammed –Laroussi Abdelaziz-Mérine Mohammed Boubakeur-Benallal AEK- Zeroual Djelloul- Baghdadi Hadj Cheikh (ce n’est que bien après des années d’indépendance que son squelette  fut découvert par hasard enfoui dans les dunes de Dzira. Ce qui confirme les dires que les exécutés étaient ensevelis sous les dunes. Le moudjahid Benatta Saci affirme  avoir trouvé en 1964, deux  squelettes dont celui du Chahid Zeroual Djelloul, recouverts de sable et un troisième près de Mekter) 
 Certains détenus avaient les mains et les bras si ankylosés que leurs camarades de prison les aidaient 
  
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 à faire leurs besoins. Comme  le dit si bien, Méchraoui Mohammed : -« La morsure de vipère si elle ne tue, elle handicape. » Quant aux monts, ils étaient en feu, bombardements des B52 et pour la première fois l’emploi du napalm. Sur le sommet du djebel Aïssa, la force répressive installa de puissants  projecteurs qui la nuit projetaient de la lumière sur le Djebel Mekter et les dunes. 
-Briser ce lien qui encourageait et facilitait  aux  militaires français de déserter, elle dynamita deux maisons celle de Hadri et de Benchérif. Elle implanta dans les maisons Hadri, Boudjérida, Litim, des postes militaires en plein Ksar sidi Boutkhil après avoir expulsés leurs propriétaires. L’autorité militaire  facilita l’octroi de maisons à trois harki l’un d’eux fut exécuté par les Fidayîn quelques temps après. L’autre évita la bombe placée au seuil de sa porte mais c’était sa petite nièce, innocente qui perdit la jambe. Un collaborateur étranger  qui habitait au Ksar fut étranglé chez lui.                                                 
-Elle œuvrait par la force et mettait tout en œuvre pour freiner l’insolence de ce Ksar presque vidé de ses hommes valides mais qui continuait à braver l’autorité militaire qui occupait dix fois plus de terrain que lui, qui possédait douze fois plus d’éléments, bien nourris, très bien entrainés et mieux armés que lui. La bestialité de la machine militaire n’admettait pas que le trafic d’hommes, d’armes, de ravitaillement se faisait à quelques pas d’elle, sous son nez, alors, elle fut mise en action pour broyer à jamais ceux qu’elle soupçonnait, ceux qui l’ont bafouée.  
Pour son fonctionnement, elle détenait à l’aveuglette tout le monde, car tous  étaient suspects : des                                                                                                                                                                                                              gens de Méchéria, de Sfissifa, de Tiout, de Asla, de Moghrar de Djenien, d’Aïn-Séfra en un mot de partout des hommes, des femmes, des jeunes, des vieux. On y trouvait emprisonnés le père et son fils, l’oncle et son neveu, l’époux et sa femme, des membres d’une même famille.   
  Les rescapés du camp Dzira Alla Belhadj et Méchraoui Mohammed, dans leurs  témoignages écrits  recensent parmi le nombre des détenus (plus de 400) : 7 femmes : Zineb la femme de Kassou, Tabet Kheira, Boughrara Kheira, Yamina Sissifia, Benatta Fatna (Dahlaba qui soulevait à elle seule le sac de semoule) Attallah Kheira et Zohra Bent Laassal. Cette dernière bâtie en hercule tenait tête, aux poings le légionnaire impoli. Elle était arrivée à convaincre des militaires français à la cause algérienne. Elle conduisait les déserteurs au Ksar et de là ils étaient dirigés vers le Maroc puis l’Europe d’où ils invitaient leurs amis restés à Aïn-Séfra à déserter leurs unités et rejoindre leurs familles car le combat n’étaient pas le leur. 
Le 21 septembre 1960, le camp de torture de Dzira fut fermé un mois après son ouverture, suite à une plainte adressée au Général commandant la région par le sénateur Hammou Alla  qui prédisait un génocide (lui-même avait deux membres de sa famille au camp). Mais ce haut dignitaire, cette haute personnalité reconnue légale ne leur était d’aucun secours.                                                             La gendarmerie française affirme 16 morts mais c’était uniquement ceux qui étaient envoyés à l’hôpital Lutrot pour soi-disant les autopsier. Quant aux prisonniers, eux, ils déclarent plus d’une centaine se basant sur le grand nombre de détenus menés pour les torturer dans le bassin mais qu’ils ne les avaient plus revus ni entendu parler d’eux. Méchraoui Mohammed affirme que Bendémia et ses 44 hommes engagés, rangés du côté ennemi et qui formaient un commando à part  ont été inculpés de trahison et après avoir goûté aux sévices du camp ont été exécutés loin des yeux.  Les prisonniers qui restaient furent transférés dans différentes prison à Saïda, Mascara, Oran. « La France était ignoble, non reconnaissante disait Méchraoui donnant en exemple  Benamara Mansour, le  
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sergent qui l’avait servie en 14-18. Il fut déféré devant le tribunal militaire de Saïda avec ses médailles, mais le salut militaire qu’il avait reçu de la part des juges ne l’a pas sauvé de la peine retenue contre lui. « C’est la récompense des services rendus à la France leur avait-il dit. »       
Ce centre-mémoire de torture doit être préservé  et visité officiellement par les écoliers de tout âge pour que la jeunesse garde toujours à l’esprit ce qu’avaient enduré leurs grands pères et grands-mères durant la libération de leur terre : l’Algérie.  
Lors du cessez le feu,  la délégation algérienne sut que des milliers de jeunes parmi eux des Safraoui, ayant refusé de se ranger sous le drapeau français, avaient rejoint les rangs de l’ALN. Ils ont choisi leur camp. Ce nouveau sang bien frais, jeune, instruit était un atout, un plus pour les négociateurs algériens. Les représentants algériens ont trouvé en eux un grand appui, un souffle indispensable, nécessaire pour continuer les négociations et la guerre si les discutions échouaient. 
Ain-Séfra a donné plus qu’elle n’a reçu. Elle aspirait à une situation économique meilleure mais elle s’est vue plus d’une fois démunie de ce droit d’être élevée au niveau de Wilaya : une reconnaissance est un droit que méritent les hommes et les femmes moudjahidine tout comme  les villes moudjahidate ont droit à une promotion bien digne par considération pour leurs exploits durant les atroces années de guerre menées pour  la libération de notre Algérie. 
En reconnaissance aux détenus martyrisés du camp de torture Dzira, il est nécessaire de: 
-Régulariser la situation de certains prisonniers qui  à ce jour n’ont pas eu leurs droits. 
-Donner leurs noms aux rues  et aux écoles. 
-Ouvrir les écoles aux témoignages vivants de la Révolution. 
 Si parler d’Aïn-Séfra et de sa région qu’on appelait l’Aurès des Ksour ou le deuxième Aurès, gêne certains. Ils doivent bien admettre qu’elle ne fait que revendiquer son droit à la promotion. Elle mérite d’être élevée au rang supérieur. Le Président de la république Abdelaziz Bouteflika, les Hauts Responsables civiles et militaires connaissent très bien son poids, son militantisme, son combat, son abnégation totale et noble à la révolution. La promesse faite aux Chouhada et aux vivants en 1984 doit être tenue pour l’honneur et la crédibilité d’une mère qui ne doit et ne peut renier l’un de ses plus braves enfants, plein d’égards envers sa mère Patrie. 
 Dans le camp de Dzira, toute la douleur et tout l’espoir de l’Algérie furent représentés. En évoquant ce camp d’horreur et d’honneur à la fois, Aïn-Séfra  met en gloire toute la nation. Ce n’est pas une affaire locale comme certains  crapuleux  rancuniers essaient impuissamment de faire croire. C’est une affaire  nationale. On doit attribuer à chacun son dû. Le combat mené par les lions  des Monts des Ksour  comme les a si bien qualifiés un officier français, fait partie intégrante de la révolution algérienne  Leur bravoure et leur résistance sont dans des livres racontées par des étrangers, témoins oculaires qui y ont vécu et qui reconnaissent la valeur des hommes. Et comme l’Aurès est la fierté de tous les Algériens, Aïn-Séfra l’est aussi. 
Ahmed Derdour à l’occasion de la commémoration de la journée du Chahid18 février 2015 


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AIN SEFRA
MALIK EL ARNAMOUS


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BONJOUR A TOUTES ET A TOUS
























 
 


 



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Si tu n'a pas la force de te battre,
alors prends ma main...
je serai là pour toi.
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C'est ce qu'on appelle de la pollution ! Laissez-nous s'il vous plaît notre beau spectacle du souk et de l'oued comme nous les avions connus ! J'appelle les modérateurs à agir en conséquence contre de tels actes au moins sur ce site que nous visitons de temps à autre ! Qu'est-ce-qui nous reste à Séfra si ce n'est nos souvenirs 



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«Vous pouvez arracher l’homme du pays, mais vous ne pouvez pas arracher le pays du coeur de l’homme.»
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https://sites.google.com/site/savoirnetcom/ain-sefra-et-l-histoire-1



AIN SEFRA ET L'HISTOIRE Histoire ancienne
 

                                                                                     




Le Ksar d’Aïn-Séfra fût créé vers l’an 987 de l’Hégire – soit vers 1586 et quelques mois de notre ère par les enfants de Mohamed Ben-Chaïb – dit BOU-DEKHIL qui, contrairement aux habitants des autres ksars, ne sont pas d’origine berbère mais sont issus d’éléments divers de race arabe. Tous, cependant, prétendent descendre du Prophète par sa fille Fathma et ils possèdent des sedjira qui confirment ces prétentions. Ses habitants étaient appelés « Açhab El Qsar » ou bien les « Bou-Dekhil ».

Sidi Bou Dekhil était originaire de Zemmorah et habitait chez les Arbaouat –dans le cercle de Géryville, entouré de ses enfants et de ses serviteurs ; il possédait quelques biens et, entre autres, le puits de Hassi el Abiod.
Mohamed ben Sliman – père de Sidi Cheikh – demanda et obtint la main de la jeune Slamet. Sidi Bou Dekhil fit don à sa fille du puits d’Hassi el Abiod. Mais ses quatre frères, lésés dans leurs intérêts par cette donation, revendiquèrent leurs parts dans la possession du puits. Ce fût, dès lors, l’origine de luttes continuelles qui aboutirent à la défaite des enfants de Sidi Bou Dekhil qui furent contraints de prendre la fuite et de chercher refuge dans la région d’Aïn-Séfra.
Pour se mettre à l’abri des attaques continuelles des Zoua et des Oules-Sidi-Chaikh, les Ouled-Sidi-Bou-Dekhil qui vivaient d’abord sous la tente au milieu de leurs troupeaux, construisirent alors des maisons qu’ils entourèrent de murs crénelés. Ils s’adonnèrent à la culture des terrains et achetèrent les terres de l’oued Bridj aux Beni-Amer et aux Ouled en Nehar moyennant 1000 moutons ; ils purent ainsi étendre leurs droits de propriété depuis Sekhouna jusqu’à Ressaf, entre Aïn-Séfra et Tiout. Mais ne purent véritablement vivre en paix qu’avec l’occupation définitive de la région par les troupes françaises.
Les ksouriens d’Aïn-Séfra sont donc d’origine arabe. Une partie d’entre eux y compris les Ouled Daoudi – descendants des Ouled Sidi bou Dekhil – sont Cheurfa ; quant aux autres fractions, elles sont composées d’éléments divers : Laghouat Ksel, Beni Snouss, Hamyan, Doui Menia, Ouled Meddah, Ouled Djerir, Ouled el Hossein ainsi que les serviteurs des Ouled Sidi bou Dekhil qu’ils avaient suivi dans leur exil, mais qui appartiennent à des sectes religieuses différentes.
Au début le ksar était divisé en deux parties : l’une réservée spécialement aux Ouled-Daoudi, l’autre aux trois fractions Ouled-Youcef, Ouled Atta et Ouled-Meddah, avec défense expresse à ces trois fractions de sortir de leur quartier et de pénétrer dans la cité chérifienne sous peine de mort. Cette situation fit naître des dissensions qui se terminaient toujours par des coups de fusil. Le ksar, bâti entre la dune et l’oued – non loin de la source, abritait la population arabe locale. Il est adossé à une grande ligne de dunes d’ environ15 kilomètres de long qui le sépare du Djebel Mekter. Comme tous les autres ksours, il se compose d’une agglomération de maisons grises bâties généralement en pierre, possédant une cour intérieure et un étage : Ces maisons, placées sans alignement les unes à côté des autres, forment des quartiers séparés par des ruelles étroites, tortueuses et obscures. Le ksar qui comptait, en 1849, 260 maisons habitées n’en possède plus en 1950 que 120 ; 60 familles sont parties, avant l’occupation française, à Tlemcen où elles résident encore, 6 familles s’installèrent à Oujda, 70 autres s’étaient installées définitivement à Aïn-Nakhla dans la région de Fèz.
Période française
Le plaisant village des années 1950 n’était, pourtant, à l’origine qu’un pauvre ksar bâti au pied d’une grande dune et entouré de jardins miséreux.
Le poste d’Aïn-Séfra fût créé en 1882, après l’insurrection de Bou-Amama, pour surveiller la région face à Figuig qui était, alors, la citadelle et le refuge des dissidents.
Aïn-Séfra fût rendue célèbre par le Maréchal Lyautey qui commanda la Subdivision d’Aïn-Séfra de 1903 à 1906.
Située à 32° 45’ latitude nord et à 36° 2’ 24 » de longitude ouest de Greenwich, à 440 km d’ Oran par la piste Le Kreider-Colomb Béchar, par voie ferrée à 493 km, à vol d’oiseau à environ 300 km.
Aïn-Séfra, grosse bourgade plantée aux confins des hauts-plateaux, aux portes du Sahara à la bordure Nord de l’Atlas saharien.


Le village, isolé dans une vallée de sable entre l’immensité monotone des hauts plateaux et la fournaise du Sud, est bâti au confluent des oueds Bridj et Mouillah au centre des Monts des Ksours et culmine à 1070 mètres entre le Djebel Mekter (2062 m.) au sud, le Djebel Aïssa (2236 m.) au nord-est, les Djebels Morghad (2135 m) et Hairech (1686 m) au nord-ouest et le Djebel Smir (1800m) au sud-ouest.
Ces jardins, sa végétation exubérante offrent une sensation de douceur extrême et les vents qui soufflent sur ses dunes de sable d’or édifient au caprice de chaque jour de nouveaux paysages éphémères.
De loin, on a l’impression que le village a été construit sur une mer de sable et il semblerait bien que dans des temps anciens il y ait eu mer. Pour preuve l’existence d’impacts de vagues qui venaient s’écraser sur les parois du Djebel Mekter, les nombreux fossiles marins trouvés dans la région.
Sur la route de Pierre Blanche et de Tiout, les « Pierres Ecrites » appelé également le rocher carmillé livrent leur étonnant lot de peintures rupestres attestant de la fertilité de la région au début de l’humanité.
Aïn-Séfra tire son intérêt de sa situation géographique : les monts des Ksours, portion occidentale de l’Atlas saharien qui forment la limite géographique entre les hauts-plateaux et le Sahara ; cette limite se trouve sous une latitude très méridionale ; d’autre part les sommets des montagnes qui atteignent une altitude relativement élevée (souvent plus de 2000 mètres) qui en fait des condensateurs. Le climat d’Aïn-Séfra est sec et caractérisé par de grandes variations de température entre les jours et les nuits. En été (juillet et août) on note + 40° C ; en janvier – 4° C et même – 6° C.
Le vent souffle souvent et plus particulièrement d’Ouest, le village est alors envahi par le sable qui pénètre absolument partout, dans les moindres recoins. Le siroco est rare ; Les chutes de pluie et de neige sont assez fréquentes au printemps et en hiver.
En avril 1927 la neige est tombée et s’est maintenue très longtemps sur le Djebel Aïssa ; l’hiver 1954 vit également le village enveloppé d’une magnifique couche blanche. Par contre de violents orages s’abattent sur Aïn-Séfra en juin et en automne. Ces conditions permettent l’existence et la survivance d’une flore tellienne remarquable pour la région.
Ces djebels furent le théâtre de violents accrochages avec les fellaghas retranchés au Maroc dont la frontière se situait à une cinquantaine de kilomètres d’Aïn-Séfra.
L’oued Mouillah recueille les eaux des pentes sud des Djebels Hairech et Morghad et celles des pentes Nord du Djebel Aïssa. Les talwegs du Djebel Mekter alimentent l’Oued Bridj qui recueille par ailleurs les pluies de la région de Forthassa, à 70 kms à l’ouest d’Aïn-Séfra. A leur jonction – à Aïn-Séfra – les deux oueds prennent le nom d’Oued Séfra. L’oued Séfra coule par intermittence pendant l’hiver, à la suite des pluies de décembre et de mars ; en juin et en octobre, de violents orages provoquent souvent des crues importantes et des masses d’eau considérables balayent l’oued arrachant tamarins et lauriers-roses qui le bordent.
Une de ces crues détruisit le 20 octobre 1904 la quasi-totalité du village ; lors de cette crue périt Isabelle EBERHARDT âgée de 27 ans. Cette jeune femme poète écrivain décrivit avec passion la région et se convertit à la religion musulmane en 1900.
En dehors des crues, le mince filet d’eau de l’oued Bridj alimente, à 2 kms en amont du centre, des barrages construits par les indigènes avec des pierres et du sable d’où partent des « séguias » qui servent à l’irrigation des jardins.
Ces barrages varient fréquemment d’emplacement soit par destruction, soit suivant les nécessités de l’irrigation. Joncs, lauriers-roses, tamaris, figuiers bordent les flancs de l’oued.
Les ksouriens d’Aïn-Séfra vivent en grande partie des produits de leurs jardins qui s’étendent sur les bords de l’oued et de la source (Aïn-Séfra dite Aïn-el-Ksar) jusqu’à l’oued.
300 jardins cultivés en toutes saisons produisent les fruits et légumes de toutes sortes et sont arrosés par les eaux de l’oued, par la source du kasar Aïn-Séfra et par Aïn-ed-Dzira qui se trouve dans l’oued.
L’oued Séfra coule d’une façon normale sans jamais causer de ravage lorsque les pluies d’hiver augmentent son cours. Toutefois les Beni-Amer avaient autrefois construit un barrage au pied de la butte sablonneuse sur laquelle s’élève la koubba de Sidi-bou-Djemâa en face de l’abreuvoir ; mais cet ouvrage, servant à détourner une partie des eaux de l’oued pour l’irrigation des jardins, composé de pierres sèches retenues par des piquets solidement fixés à terre, a été démoli. L’organisation politique, administrative et judiciaire du Ksar, avant l’arrivée des Français, était administrée par une Djemâa. Les Ksouriens d’Aïn-Séfra étaient – comme les autres ksouriens d’ailleurs – victimes de l’oppression violente des nomades qui força de nombreuses familles à s’expatrier ; l’installation française leur assura une complète sécurité qu’ils ne connaissaient plus depuis qu’ils avaient abandonné leur vie nomade.
Le 1er Caïd investi par les autorités françaises fut El-Arbi-ben-Allal nommé par décision du 12 mars 1861 en remplacement de Mohammed ben Ouiss révoqué à la même date pour abus de pouvoir.
Il fut remplace à sa mort – le 9 octobre 1866 – par Si el Mostefa ben Allal qui fut lui-même révoqué le 18 octobre 1869 pour son attitude équivoque dans l’affaire du Capitaine Morhain de la Légion Etrangère disparu chez les Amour en avril 1868. il fut remplacé par El Arbi ben Ouiss – fils d’un ancien président de la Djemâa. A la révocation de ce dernier le 20 janvier 1871, Mohamed ben Allal entra en fonction. El Hadj Mohamed bel Arbi lui succéda le 31 décembre 1880 ; celui-ci fut obligé de s’enfuir pour échapper à la haine de ses administrés. Il fut remplacé, le 24 janvier 1882, par El Hadj Seddick ben Abdallah, révoqué lui-même pour inaptitude et remplacé par Taïb ben Zerrouk. A la révocation de ce dernier – le 9 mai 1900 – le Caïd Mohamed ben Ouiss prit ses fonctions. Celui-ci, issu des Ouled Daoudi, est un homme jeune, de très bonne famille et animé du désir de bien faire.
Le Ksar qui relève de la 68e circonscription (hors Tell) est divisé au point de vue administratif en trois fractions : les Ouled Daoudi (dont est originaire le Caïd Mohamed ben Ouiss), les Ouled Atta et les Ouled Youcef. Sa population compte 693 personnes : 251 hommes, 212 femmes et 230 enfants ; parmi les hommes on dénombre 97 guerriers : 7 cavaliers et 90 fantassins. Cette population vit dans 120 maisons. Leur cheptel est composé de 7 chevaux, 30 ânes, 35 bœufs, 500 moutons et 450 chèvres. Les femmes tissent les burnous et les haïks nécessaires aux besoins de la population. Les ksouriens sont relativement heureux et doivent uniquement leur bien-être à la sollicitude dont ils sont l’objet de la part de l’autorité et à la proximité d’une forte garnison et d’une agglomération assez importante d’Européens qui les emploient, leur achètent les produits de leurs jardins et avec lesquels, même, ils s’associent pour entreprendre des petits commerces.
De nombreux enfants du ksar suivent assidûment les cours de l’école primaire d’Aïn-Séfra. Quant à l’instruction arabe, elle est donnée par deux derrer : Si-Mostepha-ben-Taïeb l’iman de la mosquée et Si-Mohammed-ben-bou-Bekeur qui n’ont en tout et pour tout qu’une quinzaine d’élève Ces deux indigènes reçoivent, comme partout ailleurs, une kharrouba d’orge et des petites sommes d’argent. Les habitants Musulmans d’Aïn-Séfra sont affiliés à diverses confréries religieuses : les Ouled Daoudi – 35 familles – appartiennent à l’ordre du Marabout de Kenadza ; les Ouled Atta – 27 familles – à celui du Marabout de Kerzaz ; les Ouled Youcef – 25 familles – à Si Abdesselam d’Ouazzan. Quelques familles – 4 à 5 – sont affiliées à la confrérie des Tidjania.
Tous ces ordres sont représentés au Ksar par des Mokaddem qui perçoivent les ziaras : El Hadk Mohamed bel Arbi (ex Caïd révoqué) pour Kenadza ; El Hadj Seddik ex-Caïd également révoqué pour Kerzaz et Si Bou Dekhil ben Sahraoui pour Ouazzan.
Les besoins du culte sont assurés et la mosquée est desservie par un Iman salarié par le budget des cultes. L’immeuble ainsi que les koubba bâties aux environs du ksar sont entretenus par les soins des habitants.
Les principales koubbas d’Aïn-Séfra sont celles élevées à la mémoire de Sidi-bou-Djemaa, de Mouley-Abdelkader et de Sidi-ben-Saheli. Ces koubbas sont visitées régulièrement ; les Musulmans invoquent ces saints à l’image des Chrétiens qui invoquent la Vierge Marie ou bien d’autres Saints de l’Eglise.
De nombreux Musulmans se rendaient sur la Koubba de Sidi-Bou-Djemaa pour y implorer des guérisons ; ils y psalmodiaient alors des sourates du Coran.
Cette adoration des saints qu’on appelle Maraboutisme est très mal perçue de l’orthodoxie musulmane qui accuse ces derniers « d’associateurs » (Mouchrikines ), c’est à dire de gens qui associent Dieu aux êtres qu’il a créés, ce qui est contraire au fondement de l’Islam à savoir Unicité, sans Ascendant ni Descendant ni Égal.
Personnalité
  • Le nom d’Isabelle Eberhardt, née le 17 février 1877 à Genève, morte le 21 octobre 1904 à Aïn-Sefra, Algérie, est lié à l’Algérie. L’écrivaine suisse d'origine russe et française de par son mariage, née d'une mère anarchiste exilée et d'un père inconnu, s'installe à Bône en 1897. Une fois là, Isabelle Eberhardt fuit les Européens, décide de vivre comme une musulmane et s'habille en homme bédouin. Sa mère morte, elle vivra plusieurs mois en nomade et rencontrera Slimane Ehnni, musulman de nationalité française, suspecté par les autorités françaises d'espionnage. Elle l'épouse en 1901 et obtient ainsi la nationalité française.
    Un musée Eberhardt existe en Suisse et un autre en Angleterre.


  • La petite ville depuis 1882 

La petite ville européenne prit naissance en 1882, après que la pacification de la région fût assurée. Les habitants du village étaient appelés par les Musulmans « Açhab El Filège » - adaptation locale du mot français « Village ». Ce fut tout d’abord, à la suite de l’insurrection de Bou-Amama, la création d’un poste militaire destiné à surveiller toute la région des ksours et plus particulièrement les approches de Figuig qui était un repère et un centre de ravitaillement des pillards qui infestaient cette zone Algéro-marocaine. Le Lieutenant de Banière, envoyé pour rechercher l’emplacement d’un nouveau poste, se prononça pour Tiout situé à 18 Kms à l’est d’Aïn-Séfra, mais le Général Delebecque décida de créer le poste à Aïn-Séfra ; les débouchés de la région pouvaient ainsi être surveillés plus facilement. Le premier mur d’enceinte fût élevé sur la rive droite de l’oued à l’emplacement de la redoute, tandis que sur la rive gauche s’édifiait le village au fur et à mesure de l’arrivée des commerçants, fonctionnaires, etc.. Sur cette rive gauche s’élèvent, en même temps que les maisons bourgeoises, les bâtiments administratifs et la gare fortifiée. En 1887, le rail arrivait à Aïn-Séfra et permit le peuplement du village érigé en 1882 ; le village, assis sur la rive gauche de l’oued, est habité par une population de commerçants, d’employés des chemins de fer, quelques fonctionnaires et dignitaires arabes. Cette population hétéroclite est composée d’Espagnols, de Français, de Juifs, de Musulmans étrangers originaires d’autres ksours et villes d’Algérie tels Méchéria, Saïda, Béchar, etc.. et d’une toute petite minorité kabyle qui vivent en parfaite harmonie. Les habitants du village étaient appelés par les Musulmans Açhab El Filège et les habitants du Ksar Açhab El Qsar ou bien les Bou-Dekhil.
Dès 1874, la création d’une voie de chemin de fer fut entreprise, en vue de l’exploitation de l’alfa sur les hauts-plateaux au sud de Saïda, dans la région de Kralfallah, d’où partirent des voies de 0,60 à l’est et à l’ouest. Les parcs de stockages étaient prévus à Kralfallah et à Modzbah. La sécurité, en ces lieux inhospitaliers, exigeait l’établissement d’une vie destinée en priorité aux militaires jusqu’au Kreider au Km 271 ; cette gare et ce village doté d’une piscine olympique donnèrent naissance à l’installation de la Compagnie Disciplinaire de la Coloniale, puis de la Légion Etrangère. La proximité des confins Algéro-Marocains non encore pacifiés obligea le prolongement de la ligne jusqu’à Méchéria, puis Aïn-Séfra au km 492. Elle poursuivit sa route jusqu’à Duveyrier de 1886 à 1890 pour arriver à Colomb-Béchar en 1903. C’est à Aïn-Séfra que le colonel Lyautey – rapidement promu général – fit ses premières armes de 1903 à 1907. C’est à lui que l’on doit la pacification de la région, la construction des pistes et du chemin de fer ; c’est également lui qui créa Colomb-Béchar. La gare est importante et devient un dépôt de chemin de fer et incontournable nœud ferroviaire dès 1914. Elle permit d’acheminer tous les éléments nécessaires à la pacification de la région, de transporter autant les militaires que les civils et donner naissance au village.
Le 26 octobre 1904, l’oued Namous qui descend des Monts des Ksours pour se perdre au sahara entre en crue et dévasta le village ne laissant debout qu’une dizaine de maisons ; une quinzaine de Musulmans et une dizaine d’Européens périrent dont l’écrivain – convertit à l’Islam – Isabelle Eberhardt. L’armée construisit une haute digue de protection, une passerelle et un pont que l’oued contourna en changeant de lit.
En 1912, Aïn-Séfra avait un vrai visage de village. Les rues étaient tracées au cordeau et étaient bordées d’arbres pour la plupart des acacias, des jardins émergèrent, une église fut construite. Sur les pentes, de l’autre côté de l’oued aux pieds des immenses dunes de sable doré fut installé le Bureau arabe pour l’administration de la région, la caserne de la Légion et des Spahis fut également construite aux pieds des dunes, proche du ksar.
Le Collège Lavigerie des Pères-Blancs vit son apparition en 1921; il avait fallu quatre décennies pour qu’il puisse voir le jour, quatre décennies au cours desquelles de multiples péripéties, embûches, jalonnèrent ce parcours.
Les troupes et colonnes qui opéraient dans le Sud-Oranais, en 1880, avaient comme aumônier l’abbé Reynouard – surnommé « le père la burette ». Lorsque les opérations cessèrent et que les troupes furent disloquées, l’aumônier se fixa à Méchéria. Son aumônerie était chargée du service du Kreider situé à 83 km au nord et d’Aïn-Séfra à 103 km au sud.
En 1898, du fait que l’aumônier venait très rarement à Aïn-Séfra et que les cérémonies se faisaient dans de simples baraquements, parce qu’il n’y avait pas d’église, le général de Saint-Germain fit appel aux Pères Blancs. Monseigneur Hacquard, préfet apostolique du Sahara et du Soudant, en résidence à Ségou sur le Niger, y envoya l’abbé Grisey qui venait de quitter la congrégation. Celui-ci résida à Aïn-Séfra jusqu’au mois de mai 1902. il assura en même temps le service des postes militaires de Djenien-Bou-Rezg et de Duveyrier. En janvier 1902 Aïn-Séfra fut rattaché au diocèse d’Oran.
Jusqu’à fin septembre 1920, date à laquelle Monseigneur le Préfet apostolique du Sahara revint prendre possession des territoires du sud, plusieurs aumôniers se succédèrent. L'édification de l‘Institution Lavigerie débuta vers la fin des années 1920 grâce en particulier à un don de la famille du Père de Charrette provenant de la vente d'un de ses châteaux.
La population européenne était en grande partie mobile : militaires de passage, fonctionnaires, cheminots. Toutes les classes sociales se heurtaient ainsi que les nationalités parmi lesquelles les Espagnols dominaient ; On y accueillait aussi bien des chrétiens, des juifs que des musulmans dans le plus grand respect des différentes croyances j'en témoigne et du respect de l’enseignement républicain. Dans le cadre de cet enseignement de la République, L’Institution nous préparait aux épreuves du Certificat d’études primaires et du Brevet Élémentaire du Premier Cycle (le fameux BEPC). Mais tous s’abritaient derrière le drapeau tricolore flottant à la Redoute. Il y avait donc là tous les éléments favorables à la création d’une paroisse chrétienne foncièrement catholique. A Aïn-Séfra et dans ses annexes, l’œuvre militaire devait doubler l’œuvre paroissiale ; aussi, les Pères n’étant pas officiellement aumôniers militaires se virent doter du titre et les soldats s’habituèrent à les reconnaître comme tels. La principale occupation des Pères Blancs consistait à ouvrir et à gérer des écoles autant pour les indigènes que pour les enfants des Européens désireux de bénéficier de l’enseignement « libre ». Dans certains villages, ces écoles restèrent officieuses en opposition aux écoles laïques.
Le 13 novembre 1923, un inspecteur d’Académie d’Oran découvrit l’existence illégale de l’école des Pères Blancs, laquelle était censée avoir été fermée par ordre gouvernemental. L’inspecteur d’Académie menaça d’en aviser le Gouverneur. La nouvelle se répandit comme une traînée de poudre et une pétition organisée par les cheminots qui représentaient la plus importante corporation civile fût déposée au ministère de l’Instruction publique. La pétition était signée par la quasi-totalité de la population civile et comprenait même des signatures de nombreux dignitaires musulmans ; les officiers qui ne pouvaient signer cette pétition firent savoir qu’ils adhéraient à la dite-pétition.
Le gouvernement général, sous cette pression, accorda la continuation de l’école jusqu’à l’amélioration du local de l’école communale. Les lenteurs de l’administration firent oublier l’affaire et les Pères Blancs poursuivirent leur œuvre.
En 1921, les Pères Blancs quittèrent le petit presbytère près de l’église pour une vaste masure en bordure du village. Ces bâtiments allaient permettre de répondre à une nécessité d’internat. En effet cet internat allait permettre aux enfants des cheminots employés tout le long de la ligne de chemin de fer et restant isolés d’accéder à l’instruction et l’éducation. A tous ces enfants, les Pères offrirent quelques chambres et un petit internat qui donna naissance à une grande maison qui deviendra l’Institution Lavigerie dont la renommée dépassa largement les frontières du Sud-Oranais. En plus du primaire et du secondaire premier cycle ( il y eut un deuxième cycle en 1960), les pères avaient monté un centre de formation professionnelle de mécanique, électricité et menuiserie qui préparait aux différents CAP et Brevets de techniciens. Avec l’admission d’externes augmentant, chaque année, l’effectif, il fallut agrandir.

En 1930, le père Cussac réalisait un magnifique ensemble de bâtiments constituant le cœur de la maison, avec chapelle, dortoir et réfectoire, classes, salle de spectacle. Dès 1946, bien que manquant de moyens matériels, les Pères Blancs entreprirent la construction d’un atelier de mécanique et de menuiserie pour la formation de jeunes apprentis européens et Indigènes. En 1950, une section de mécaniciens-motoristes se mit à fonctionner et apporta le couronnement de l’œuvre des Pères Blancs.
L’Institution Lavigerie s’étendait sur un très vaste domaine comprenant petit bois planté de tamaris, terrains de sport et de foot, piscine, jardin potager et quelques arbres fruitiers. Jouxtant les salles de classe, la chapelle surmontait le fameux cinéma où j'ai découvert le non moins fameux "Mines du Roi Salomon" avec Steward Granger et Déborah Kerr peu de temps après sa sortie, les Tarzan avec Jonhny Weissmuller, et ien d’autres chefs d’œuvre de ‘époque. Ce cinéma servait aussi de salle de théâtre pour les multiples pièces qu’élèves et maîtres interprétions au plus grand plaisir des parents invités à venir voir les comédiens en herbe que nous étions…. et nous applaudir.
Jusqu’en 1962 date de l’indépendance et de sa nationalisation, l’Institution fut le Quartier Latin de la région. Il y accueillit comme internes les fils de cheminots dispersés sur la voie de Perrégaux à Colomb-Béchar et Kénadza ainsi que les enfants des sahariens des oasis lointaines. Les certificats d’études et brevet élémentaire étaient quasiment assurés. La réputation de la discipline du collège avait atteint les limites du rail et bien au-delà. Les ateliers créés devinrent un Centre Professionnel.
Des noms illustres resteront gravés à jamais dans les mémoires : le Père Canac qui desservait les postes de l’extrême sud oranais, le Frère Marcel – jardinier – menuisier – chef de musique, Mahomet – menuisier et opérateur de cinéma, le Père Dalleret – le supérieur de l’époque Capitaine des Spahis qui fut tué à la tête de ses cavaliers en 1940, le Père Jolivet qui fut également Supérieur de l’Institution, le Père Chotard – économe qui se plaisait toujours à dire : » Vous il vous manquera toujours 19 sous pour faire 20 sous » quand il manquait parfois un dourou ou deux pour les frais de scolarité, dourous subtilisés en chemin pour acheter des bonbons au camelot de l’Institution ; le Père Diesté apprécié de tous, animateur sportif, le Père Le Lay – appellé plus communément le « père Fifine », le Père Bergantz avec qui nous apprenions à faire des perspectives, c’est également lui qui nous fit écouter les premières chansons de Paul Anka, c’était également lui qui faisait régner la discipline chez les internes dont nombre d’entre eux étaient là car c’étaient des têtes brûlés que seuls le Père Bergantz et le Père LeLay pouvaient ramener à la raison et à la discipline. Enfin le frère Roux, tout vêtu de gris ou de noir qu’on appelait « Awwawa » professeur de musique et de Français en CM2 ; Son nom il le devait sans doute à sa férocité quand il punissait un élève et aussi à son aspect physique plutôt ingrat. Il assénait ses coups de trique en répétant: « Woici, Woilà » pour Voici Voilà; à moins qu’il ne dût le surnom de « Awwawa » à sa manie de vocaliser le V en W. Son origine du département du Doubs n’est sans doute pas non plus étrangère à son WouWou. Des Laïques marquèrent également l’Institution : monsieur Joncourt notre professeur de maths que nous surnommions « Quin-Quin » du fait de sa prononciation : « Si Quin-quin veut bien passer au tableau » ! Monsieur Mataix surveillant Général et capitaine de l’équipe de Foot de l’Institution Messieurs Coudrette et Guidet respectivement professeurs de CE2 et CM1 ainsi que Madame Ravaillé mon professeur de CE1 en 1952 ; C’est avec elle que nous apprîmes que deux mille ans plus tôt «notre pays s’appelait la Gaule et ses habitants les Gaulois » ; monsieur Guidet nous enseignait l’histoire, il avait un sens pédagogique très avancé : il organisait sa classe en groupe de 5 à 6 élèves, chaque groupe symbolisait une espèce animale, ainsi il y avait les lièvres, les tigres, les lions, etc. Les épreuves pour la classification des différentes « tribus » d’animaux étaient individuelles et concernaient toutes les matières. Les points acquis par un élève allait à son équipe. Et chaque matin, on allait regarder le classement des différentes tribus affichées sur un tableau, une tête d’animal représentant chacune des équipes. Cela nous incitait à travailler d’avantage et surtout à nous entraider pour la préparation des épreuves. Je n’ai qu’une chose à dire: Chapeau Mr Guidet…
L’Institution Lavigerie fût nationalisé à l’indépendance, en 1962 ; jusqu’en 1970 date à laquelle elle ferma ses portes, elle continua à jouer son rôle d’enseignement et d’éducation ; elle avait accompli admiralement sa vocation et avait formé plusieurs générations de futurs Ingénieurs, Administrateurs, Enseignants universitaires, Officiers d’une bonne partie des élites actuelles algériennes.
Tous ceux qui y passèrent ont gardé le sens de la fraternité, du partage, de la tolérance.
Alors que les Pères Blancs, avec l’Institution Lavigerie, assuraient la formation et l’éducation des jeunes gens, celles des jeunes filles fût assurée par la création d’un ouvroir gérée par les Sœurs Blanches sur la rive droite de l’oued et sur la route menant au Ksar. L’enseignement général ainsi que des sections d’apprentissage, cours de couture, tapisserie, broderie, hygiène, étaient assurées.
En 1950 l’agglomération d’Aïn-Séfra comporte 4 parties distinctes : sur la rive gauche de l’oued, le village européen qui compte 1300 personnes européennes. Une ceinture verdoyante cerne le village à l’intérieur duquel dominent majestueusement la gare fortifiée et le dépôt du chemin de fer, le groupe scolaire, l’hôpital, l’institution Lavigerie. Les rues sont alignées au cordeau, à angle droit bordées d’eucalyptus, de tamarins, de faux-poivriers, d’acacias. La vue des hauts bâtiments en briques entourés de galeries à arcade, que l’on distingue du village nous apporte réconfort et l’assurance d’une protection face aux évènements auxquels le village est souvent soumis. La redoute, située sur la rive droite de l’oued, c’est ainsi qu’elle est désignée est le fief de la Légion Etrangère dont l’effectif est très variable ; le régiment est composé d’hommes ayant fait campagne en T.O.E. et dont beaucoup, hélas, sont impaludés. Sur la même rive, adossé aux dunes et à environ 400 mètres de la redoute se situe le ksar primitif, et sa muraille, dont les maisons et l’enceinte, construites en toub, sont de la couleur du sol dont il surgit ; village aux petites rues inégales qui grouillent en permanence d’enfants ; sa population composée surtout de Chleuhs et de Berbères compte un millier de personnes et la Commune mixte dans un parc aux arbres immenses, l’ouvroir des Sœurs Blanches situé presque en face de la Redoute sur la route menant au village. En 1958 l’arrondissement d’Aïn-Séfra compte 20.165 habitants dont 916 d’origine européenne.
En 1960, l’arrondissement atteint le nombre de 23.170 habitants ; l’augmentation la plus sensible est celle des ressortissants européens qui de 916 passe à 1.420. Le village seul compte 8570 habitants ( 1400 européens, 7100 citoyens français d’origine musulmane, 20 étrangers d’origine européenne et 50 étrangers d’origine musulmane.

 

Aïn-Séfra Asla Bouguellaba-Sfissifa Moghrar Maires SOLGADILouis AMMARI Mohamed AZIOUNU Brahim AISSAOUI Mohamed
Citoyens FrançaisD’origine européen 1.400 Citoyens FrançaisD’origine musulm. 7.100 3.800 5.700 5.100 Etrangers d’origineeuropéenne 20 Etrangers d’originemusulmane 50 TOTAL POPULATION 8.570 3.800 5.700 5.100
A l’Est du village européen, derrière l’Institution Lavigerie, se trouve le Village Nègre – la Graba -et sa population presque essentiellement des Gouarrirs d’environ 1000 personnes. Ce quartier est construit sur une zone totalement sablonneuse et les maisons s’y enfoncent. Sa population, d’environ 1000 personnes, est presque entièrement composée de Gouarir – originaires de Gourara cité située aux environs de Timimoun dans le grand sud .
Ce n’était pas, en réalité, de vrais Gouarirs qui, eux, sont de race blanche, mais plutôt des descendants d’esclaves noirs ramenés du Soudan par les caravaniers berbères et arabes du Sahara.
Il y avait également parmi cette population des métissés qu’on appelait « Haratines » ; cependant la majorité des Haratines étaient sédentarisés au village. Les habitants de la Grabal (village nègre) étaient appelés les Ouled Sidna Bibal ou Blal, ou encore Açchab Legraba.
Bibal fut le premier Africain noir musulman aux côtés du prophète Mahomet qui en fit le Premier Muezzin de l’Islam. Toute la lithurgie africaine tourne d’ailleurs autour de Bibal. Au cours de fêtes telles l’Aïd, le village nègre produisait un spectaculaire concert de chants, danses africaines. L’on fêtait également le taureau en mémoire du sacrifice du taureau dont l’origine remonte à Bibal El Habachi ; lors de ce rituel l’on tuait un taureau afin d’en nourrir la population.
Ce rituel du sacrifice du taureau se retrouve en France dans une petite commune du Haut-Var –Barjols- où, tous les ans, le 16 janvier, à la Saint-Marcel l’on célèbre les « Tripettes ». Les « Tripettes » commémorent un double miracle : l’apparition inespérée d’un bœuf qui sauva les habitants de la famine lors de ces terribles disettes moyen-âgeuses, et l’arrivée du corps de Saint-Marcel à Barjols en 1350.                                                                                                                   
  


                                                               
 



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