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Si Faradji le dernier combattant de Bouamama
DERDOUR AHMED


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Dans cette page, je vais vous mettre à la page d'un travail fait par plusieurs Séfraouis à l'occasion de la commémoration du centenaire de la bataille de Tazina. Ils étaient au nombre de 14: Alla Belhadj- Bouchetata Abdelkader-Benfriha Mohammed-Bouamama Larbi- Khacha El Hadj-Mansouri Kaddour-Ouzaght Cheikh- Achour Ahmed Bouchetata Achour- Benhadja Cheikh- Derdour Ahmed- Limam Mohammed Ould Taleb Bahous-Néhili Mustapha- Limam Larbi  avec la participation de Monsieur Guirinik Ahmed Inspecteur de l'enseignement primaire.
Je retransmets le texte tel écrit sur les feuilles datant de 1981
Le témoin du siècle
Effectivement, c’en est un Faradji de Fendi. Il a lutté durant vingt années consécutives, auprès de Cheikh Bouamama . Vers 10h nous avons pris contact avec Si Faradji.
-Ce que je vais vous raconter, entreprit-il, et la pure vérité. Je suis âgé de 117 ans. J’ai connu sidi Bouamama à l’âge de 18 ans, lors de son passage à Fendi. Je l’ai accompagné durant son retour de Touat.
Vous savez qu’autrefois, il n’y avait ni camions, n avions, les chevaux, les chameaux et les mulets étaient les seuls moyens de locomotions utilisés.
Lorsque Cheikh Bouamama venant du Erg, non loin de Fendi, dans une montagne difficilement accessible, près de l’oued Seboub, l’ennemi mit son armée en branle pour le capturer. Les soldats français arrivaient sur des chevaux et des mulets. Des Spahis et  Mokhazni de sang arabe combattaient à leurs côtés. Quant à Sidi Bouamama, il était soutenu par LAKRARMA, LAAMOUR, OULAD SIDI AHMED MEDJDOUB, OULAD ZIAD ET LES CHANBAS. L’aube n’était pas encore levée, des coups de feu s’échangèrent de part et d’autres. Vu la gravité de l’instant, Sidi Bouamama évacua les Mérabitates sur des chameaux. Il faisait encore noir. Il les escorta, accompagné seulement de cinq cavaliers. Il les fit passer le col de Boularbine, puis retourna avec ses lieutenants et accrocha l’ennemi dans cet endroit (Ksar de Fendi) Une partie de l’armée française accrocha El Djeich à Chaâbat El Khiyam. Parmi les 5 cavaliers qui étaient avec Sidi Bouamama, je me rappelle son serviteur fidèle Bou Salem et les Mérabtines suivants : Sidi Mohammed Bel Arbi, Sidi Bouhafs et Sidi Mohammed Ben Abderrahmane dont les descendants se trouvent actuellement à Béni-Ounif. Les armes utilisées n’étaient pas modernes comme aujourd’hui c’étaient des ‘’garda’’ des’’bouchfar’’
 Sidi Bouâmama et ses compagnons attaquèrent, passèrent à travers les rangs ennemis puis revinrent à leur lieu de départ Spahis et Mokhazni poursuivirent les moudjahidines qui venaient de décharger leurs fusils sur l’ennemi. Parmi les arabes qui voulaient le capture de Bouâmama, un caïd nommé MAAZOUZI a juré de le prendre vivant. Il réussit à porter un coup de gourdin au bras du Cheikh (peut-être à la blessure de Touat) Ce coup était si violent que le bras de Bouâmama tomba  sur la crinière de son cheval. Un autre ennemi accoura(accourut) pour aider son Caïd, mais le vigilant Ba Salem cria :-« Litham ! Etham ! » Bouamama se ressaisit, prit son pistolet de la main gauche et tira sur l’ennemi de Dieu, au front. A cervelle jaillit et éclaboussa la tête du cheval.
Bouâmama se relia, Ba Salem pansa la blessure (du Cheikh), puis les 5 vaillants retournèrent  sur le lieu de bataille. Ils repoussèrent l’ennemi et leur caïd jusqu’à Oued Lakram que mes enfants connaissent à un endroit appelé El Marfag. Il y avait beaucoup de pertes dans les rangs ennemis.


Suite prochainement...

 
 
 
 

 

 
 
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chami


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Le vrai film de Sidi Bouamama reste encore à réaliser. Merci Si Ahmed. Quelle belle équipe que cette véritable résurrection, ces jeunes et ces vieux réunis pour un seul but: L'Honneur et la Mémoire de L'Algérie et de son Histoire. 



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Yaa wil babaha el 3ayne essafra chehaal kanou fiha erjal.
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Parmi les morts 2 ou 3 grands chefs français et le caïd Maazouzi
Dans leur fuite, les troupes françaises ravagèrent tout sur leur passage. Après avoir enterré ses morts (17 des Oulad Abdallah, 40 des Oulad Sidi Ahmed Medjdoub) Cheikh Bouamama et ses troupes se dirigèrent vers le  sommet de Boularbaine où ils campèrent. Pour arriver à Ayoun sidi Mellouk(près d’Oujda), le Cheikh suivit l’itinéraire suivant :Oued Djedaida, Boutmat Lamharis(là il demeura un mois)Ksar Laazouz, Oum Lahzam , Nekeb El Nastoura, Sidi Slimane Bousmaha (Beni-Ounif), là il resta un certain temps qui lui  a permis de réfectionner le mausolée de son ancêtre ainsi qu’à Figuig au lieu dit Hammam Fougani où se trouve la Kouba de sidi Abdelkader Ben Mohammed qu’il retransforma.
A la zaouia de sidi Abdelkader Ben Mohammed, plusieurs personnes sont arrivées à s’enrôler dans son armée. Delà, mena plusieurs expéditions contre les Français. Les alliés fidèles rapportèrent chameaux des Chéraga, moutons et vaches.
A suivre


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           Les habitants des ksour de Znaga, persécutés par le colonisateur furent contraints de se diriger vers le campement de Cheikh Bouamama se trouvant non loin du village afin de le supplier de quitter la région en employant les termes suivants :-«  Ce que nous voulons, Sidi, et(est) que tu quittes notre région. La France est décidée à nous exterminer. Nous sommes faibles et ne pouvons lui faire face.
           Le cheikh leur répondit :-« Vous avez peur ! Pourquoi ne voulez-vous pas combattre à mes côtés et chasser l’ennemi ?... Quant à moi je partirai mais, vous le regretterai un jour. »


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Cheikh Bouamama fit appel à son Djeich qui campait à oued el Hallaaf et se dirigea vers Dfilia par Teniet  Dayat, Tanazara( Ouest de Djebel Grouz), Tamrirt enfin arriva à Djebel Lakhdar où il demeura un bon moment. Il installa son quartier général et s’adonna au réarmement de ses troupes. Il eut relation avec un grand trafiquant d’armes ‘’Soufi Ben Abdelkader’’ à Melilia, qui lui fournit armes et munitions et en particuliers de petits canons et armes automatiques de marque espagnole et allemande. De là, il menait des attaques contre l’occupant français en territoire algérien.
 

La mort de Maazouzi fut rapportée dans le journal clandestin ‘’ l’action algérienne’’ en ces termes :
Condamnation  du caïd Maazouzi, Bouamama dit :-«  Caïd Maazouzi est coupable de haute trahison contre le Coran et pour s’être rendu à l’ennemi pour nous combattre avec ses deux complices. Ils furent exécutés, têtes tranchées sur un tronc de palmier dans la palmeraie de Fendi. »
Récit rapporté par le Spahis  Sabri Ahmed (Editions Laffont Oran)


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Ensuite, il remonta vers le Nord (Lamghayada, Bengrine, Maâtarka, Lamtarih (près d’Oujda) et enfin Ayoun Sidi Mellouk à Sidi Makhchouche. Cette localité qu’il occupa par les armes, fut le théâtre d’affrontements sanglants entre les Jouyouche de Bouamama et les Marocains et se solda par l’échec de ces derniers qui évacuèrent les lieux.
Soutenus par la France, les Marocains essayèrent vainement de reconquérir leur ville. Une grande bataille eut lieu dans l’Oued Djiyef(Djifa) surnommé à cause du nombre élevé de cadavres qui gisaient dans l’oued.
Les Marocains s’avouèrent vaincus et Bouâmama passa le restant de sa vie à  Ayoun Sidi Mellouk où il mourut deux ans plus tard emporté par une épidémie qui sévissait dans la région.
Actuellement cette ville est toujours habitée par des Chaanba, O/Sidi Ahmed Medjdoub, O/Sid Tadj.




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L'armurier du Cheikh Bouamama s'appelait Ben Jaaouane c'était un grand spécialiste. Il est parvenu à modifier les anciens fusils en armes modernes
Il fora un puits dans l'erg à l'Est de Taghhit qu'on appelait ''Hassi Bouamama'' connu de nos jours de Hassi Lamghanine.


Ici prend fin le témoignage de Sallam Faradji usé par le poids des années qu'il a consacrées au service de la nation.Nous n'osions pas lui en demander davantage.


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