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Sensabyl Baghdadi
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Sensabyl BeghdadiUn luthiste hors des tendances actuelles

le 18.11.16 | 10h00 Réagissez

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La particularité du oud de Sensabyl Beghdadi est sa...
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Natif de Aïn Sefra, Sensabyl Beghdadi est un luthiste qui fait parler son oud dans toutes les nuances. Son instrument est un outil étonnant qui revisite le patrimoine et révolutionne l’écoute. Portrait intimiste d’un artiste pour qui le son est le battement de la vie.

En écoutant le oud de Sensabyl Beghdadi, on se rend compte de toutes les couleurs dont il veut le parer. Son instrument est intense, romantique et totalement sous le contrôle de son maestro. Un homme accessible et noyé dans ses recherches de l’infinie beauté. «Comme tout artiste, je suis à la poursuite du son qui définira mon style, une musique profondément enracinée dans ma culture algérienne et mes influences universelles.
Mon oud a été conçu en Egypte par le maître luthier Jorgie Jamil et a été restauré et amélioré avec el oustad Mahmoud Khalfaoui de Touggourt. Ce dernier a travaillé sur plusieurs pièces qui composent mon oud : la table d’harmonie, le manche, le porte-chevilles, le sillet... Des pièces taillées dans le bois des arbres de chez nous et d’ailleurs», explique-t-il.
Ce qui fait la particularité de cet instrument est qu’il est très léger, le maître luthier Mahmoud Khalfaoui a travaillé le bois afin d’alléger le oud de Sensabyl et le rendre le plus résonnant, par exemple, la forme de la caisse permet des épaisseurs de bois très faibles. Sensabyl est né en 1969 à Saïda et a vécu à Aïn Sefra, petite commune de Naâma et grand carrefour culturel, où les styles musicaux se rencontrent, se mélangent et s’inventent une nouvelle vie. Il reçoit son premier instrument musical vers l’âge de 12 ans. «Mon père était un homme d’une grande bonté et aimant, il s’appelait Tayeb. Il m’avait offert un violon, et j’ai appris sur le tas, tout en allant à des soirées, écoutant d’autres musiciens jouer et observant leurs gestes», se souvient-il.
Nuances
Evoquant avec nostalgie son enfance, Sensabyl reçoit à l’âge de 17 ans son premier oud, une fois de plus de la part de son père. Dès lors, il s’enferme pour apprendre la musique. «Ma recherche dans la musique est ma grande passion», affirme le musicien fasciné par des luthistes aux destins incroyables. «Mon père spirituel n’est que le luthiste irakien Munir Bashir, c’est le maître incontesté du oud et de tous les temps.
On revient vers Le Caire pour citer également Ryad El Sunbati et en Algérie le grand Ahmed Wahby qui a fondé tout un style avec sa musique.» Ni franchement traditionnaliste ni totalement dans ses interprétations viscérales, Sensabyl traduit une volonté de faire évoluer la musique, voire de l’améliorer, bien qu’imperceptiblement réservé, il n’ose l’avouer. «J’ai fait une recherche approfondie en musique afin de décrypter les secrets des gammes ou la théorie des gammes», indique-t-il.
Pour lui, le son n’est pas statique et ne se définit pas par des règles imposées par le passé. Au contrainre, Sensabyl travaille scrupuleusement pour trouver mille et une nuances aux sons. Informaticien de formation, c’est cet esprit, à la fois vif et téméraire, qui le pousse à l’intarissable recherche, quelquefois même à la perfection. «La musique n’appartient à personne, elle s’appartient à elle-même. De ce fait, chaque création est l’interprétation de son auteur. La musique est un art où l’on prend la liberté de créer.»
Rassembleur
Selon l’oudiste de Aïn Sefra, il n’existe pas de «fausse note» quand on parle de musique. «Je préfère dire que la note est mal exploitée. L’exercice qui consiste de passer d’une gamme à une autre est en déséquilibre. C’est ce qui donne une impression de fausse note», explique-t-il.
Une fois de plus, quand on revisite les pôles artistiques de Sensabyl Beghdadi, on y trouve Ahmed Wahby, Ryad El Sunbati, Cherif Muhi El Dine Haidar ainsi que Bach, Mozart. Ces derniers ont contribué à l’initier dans les gammes diatoniques occidentales. Le oud de Sensabyl est rassembleur, il y inscrit des millénaires de musique au croisement du Maghreb africain, de l’Orient asiatique et de l’Europe andalouse. «Ma première composition était d’une durée de 17 minutes.
Tout récemment, j’ai créé une pièce d’une minute et vingt secondes, qui m’a semblé plus intense et prenante. C’est là toute la magie de la musique.» Sensabyl prépare son premier album de huit titres instrumental, des compositions personnelles, sans doute le fruit de toutes ses années de recherche, de rencontres et de découverte. D’ailleurs, sa rencontre avec un autre artiste algérien influencera également son travail.
«L’une de mes plus belles rencontres a été avec le luthiste originaire de Béchar Alla», se remémore Sensabyl. «Quelquefois c’est ce genre de rencontres qui nous donnent la force de défier les lois établies», poursuit-il. Le musicien n’a jamais eu froid aux yeux, sa soif de partage l’a encouragé, en 1995, à créer une association culturelle Angham à Aïn Sefra. Il ne s’arrêta pas là, puisqu’il a créé également un groupe musical Diapason avec qui il sillonne la majorité des wilayas du pays.
Patrimoine
Par ailleurs, l’artiste défenseur des arts regrette qu’il n’y ait pas assez de femmes oudistes et rappelle que c’est un instrument accessible à tout le monde. «Oum Kelthoum jouait du oud, ainsi que ses contemporaines, principalement d’Egypte et d’Irak.» Observateur, Sensabyl demeure un artiste musicien ouvert et exigeant, il analyse ce qu’il entend sans tomber dans la critique et l’autosatisfaction. Par exemple, pour la fusion dans la musique, Sensabyl privilégie un rapport plus strict.
«Dans la musique, la fusion devrait être cohérente et à la base de toute évolution», dit-il. «Ce sont les influences étrangères qui doivent porter notre musique et non le contraire. Notre patrimoine ne devrait pas se contenter de ce rôle surjoué de ‘‘touche’’ dans l’ensemble de la composition.» Fervent défenseur du patrimoine algérien, respectueux des autres cultures, curieux des virvoltantes sonorités du monde, Sensabyl prend l’essentiel de son art, le transforme en chef-d’œuvre et le redistribue généreusement à son public.
Nombreux sont ses admirateurs, d’ici et d’ailleurs, qui souhaiteraient le voir se produire davantage sur les scènes des festivals et des salles de spectacle. C’est aussi un souhait formulé par l’artiste. A travers son nouvel opus, qui sortira prochainement, Sensabyl interroge la musique sur les états d’âme, l’intimité et la splendeur de la rencontre inattendue... sans doute celle qui l’a marqué le plus, avec son épouse, Shanez, semble la plus enthousiaste.

 

Faten Hayed


El Watan



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Sensabyl Baghdadi
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Bonjour à tous .


Aprés un long silence, je reviens chez nous aprés avoir lu cet article .
Je ne connaissais pas Sensabyl, je le découvre .


Bonne journée et bonne lecture .



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